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 » Les tribulations d’une apprentie mélomane  » Episode 2 : un voyage sous bonne escorte avec Freaks .

J’attendais cette soirée avec une certaine impatience , la création Freaks made in Orléans par Théo Ceccaldi.

Ce nom, je l’ai entendu plus d’une fois, ce visage aperçu sur des affiches au 108 rue de Bourgogne ( dont l’asso Musique et Equilibre son berceau !), les noms de ses compagnons de scène ne me sont pas inconnus ( Walabix, aujourd’hui le Tricollectif ). J’ai même croisé sa fourrure rue de bourgogne il y a quelques soirs …  Et bien Théo, je nous ai intimement donné rendez vous lors de cette soirée où ce projet est enfin dévoilé au public .
Je suis arrivée blindée, armée et prête à ne pas être suffisamment avertie, habituée, connaisseuse pour me laisser prendre par ce jazz qualifié de Free, avant garde, qui déjoue tout code et toute attente.

Entrée en scène, une fourrure pare chaque membre du sextet : premier motif d’étonnement et de sourire. Elle est là où on ne l’attend pas. Cuivres, cordes, batterie. Un  » bonsoir les chéris  » suave et mélodieux , amorce le projet à la fin du premier morceau.
Très vite le regard est attiré, au centre par l’expression scénique de Théo et son violon, à droite par le batteur dénudé qui semble prendre un plaisir qu’on lui envie presque. Sans sa fourrure, le guitariste à gauche se dresse impeccable dans son smoking tout droit sorti d’un album des Beatles . Je découvre un instrument inédit l’horizoncelle de Valentin Ceccaldi avant que mon regard ne se porte sur le beau saxo tenor à droite .
Très vite les lumières soulignent, les vidéos explorent, le rythme et ses cassures ne laissent jamais le temps de s’accoutumer et de créer des repères sécurisants, on est désarçonnés, étonnés par ces changements que l’on attend pas, que l’on ne prédit pas. Chaque instrument est poussée à sa limite, on se demande presque si la corde ne va pas casser tellement la mécanique du musicien semble dépasser l’utilisation de l’objet. Presque haletante, je poursuis ce voyage qui me transporte, m’emmène . J’ai pris le wagon, ce n’est pas ce qui était prévu !

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J’ai beaucoup voyagé ce soir .

Décollage par les eaux chaudes et les ondes sensuelles des vahinés avec pour commandants de bord les voix transfixiantes de Théo et Quentin  » Amélia, Natacha, Eva  » .
Immersion sous-marine emmenée par des ondes hypnotiques, musiciens plongés dans un bleu abyssal. Je tourne la tête, regarde le public, il semble lui aussi en apnée, le souffle retenu et pris au piège par le violon rappelant l’appel mortuaire des sirènes entétantes.
Et puis on remonte à la surface, ça s’accélère, le souffle n’est pas revenu. Les fourrures au sol, un magnifique tableau d’orgie musicale se dresse devant moi. Les corps s’expriment, rentrent en transe, la musique explose .Valentin a pris son violoncelle et entame avec son frère une envolée spectaculaire. Du répit par pitié !
Nouvelle destination, j’en profite pour souffler … atmosphère plus calme, presque onirique. Je discerne les chants des oiseaux, je me vois alors avancer dans la brume dans un jardin mi mystérieux, mi apaisant .  » Machin, Truc, Bidule  » lance théo, c’est sûr, où que je sois cet endroit est étonnant !
La guitare électrique m’eveille de nouveau, plus rock je retrouve des repères quelques secondes .
 » botox, petite piqûre …  » Théo entame une complainte grise, ambiance sépulcrale, métallique .  » Gris, mou , Gris, mou  » ! En effet que c’est triste et l’humanité bien terne . Ambiance pesante, le batteur fait crisser ses timbales , et puis enfin l’oxygène, la vie :le son d’ une petite boite à musique transperce le gros nuage qui avait pris possesion de la scène . Je respire !

Tout s’arrête , subjuguée, j’accueille le rappel avec bienvenue . C’est doux, presque langoureux, comme un footing de récupération après une bonne course haletante qui laisse les jambes – les oreilles – lourdes d’avoir puisées loin dans les réserves énergétiques.

Energétique . Ce sera LE mot. Energique aurait également pu satisfaire mais je préfère ENERGETIQUE . C’est l’effet de ce projet , l’impression d’avoir traversé differentes phases thymiques, d’avoir pris un sacré coup de vitamine C, une barre énergetique . Comme si tout ce qui a été dégagé sur scène a réussi à être porté jusqu’à nous .

Une belle soirée en somme. Une belle surprise.

 

 

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Au programme Vendredi 15 avril : 

  • 12H30  tremplin jazz ( gratuit)
  • 20H  Jan Garbarek group featuring trilok gurtu
  • 20H30  Eve Risser White Desert orchestra
  • 22H30  after Jozef Dumoulin

www.jazzorjazz pour les réservations ou sur place .

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Ecrit par Auré

Expatriée Orléanaise engagée dans la promotion du dynamisme culturel , sportif and co de cette chère ville ... Car quelques fois il suffit d'ouvrir un peu ses oreilles et ses yeux pour faire des infidélités agréables à son canapé :)
- Accesoirement kiné débordée et débordante , addict -

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